Le 25 juillet 1967, j’arrivais à
Hourtin…
1er contact avec la vie
militaire. Rassemblement de tous les nouveaux arrivants et distribution des rôles.
J’étais placé dans la 9ème Compagnie sous les ordres du Premier
Maître Fusilier LAMBOT. Le lendemain, distribution de paquetage et passage au
service « anti-poux » ou, si vous préférez, à la « boule à
Z ».

Bon ! ça va... Hein !...
Commence alors un séjour de 2 mois à
Hourtin.
Les classes seront ponctuées de
maniement d’armes (tir au fusil – au pistolet – au pistolet mitrailleur
– jet de grenades), tours de gardes, marches, aviron, godille,
l’apprentissage des nœuds marins, bref tout l’attirail du parfait petit
marin.
Les bons souvenirs : Les joutes aux
avirons – les courses en chaloupe à vous faire péter les rames. Les premières
perms ! (sorties à proximité seulement, difficile d’aller très loin).
Les mauvais
souvenirs : les marches : surtout la fois où, le Premier Maître
LAMBOT, après 7 à 8 km de marche dont 4 sur la plage d’Hourtin avec le
barda, monta sur un talus et s’exclama : « il y 2 routes : ici
où je vais, il reste environ 16 km à parcourir ou, par là, 4 km pour rentrer
mais, je vous préviens, ceux qui prennent ce chemin ont intérêt à ce que je
les trouvent à l’infirmerie en rentrant ». Peu nombreux furent ceux
ayant
choisi de rentrer au C.F.M directement.
En route pour le calvaire. Après avoir
laissé repartir les abandons, il s’adressa de nouveau à nous : « vous
avez choisi le m’accompagner sur le parcours difficile mais je ne vous ai pas
tout dit : le terrain est accidenté, il y a de fortes dénivellations à
franchir. De plus, lorsque je donnerai l’ordre « marche forcée »,
il faudra prendre le rythme "100m marcher", "100m courir" et ainsi de suite … Si
je dis « avion », vous devez vous planquer sur les côtés de la
route et je ne veux voir aucun derrière qui dépasse !!! Ce qu’il a omis
de nous dire, c’est qu’il y avait des ronces sur les bords des routes ….
Alors, j’arrête là, vous devinez le carnage.
J’ai dit
mauvais souvenirs BOF, allez si j’en parle c’est que le moment est
tout de même mémorable.
Autre mauvais souvenir : la piqûre
de T-A-B-D-T, ce foutu vaccin censé nous protéger de toutes les maladies. Enfin,
presque … Il y en a qui en garde un très mauvais souvenir, moi ça va.
Les bons moments : Les joutes avec les chaloupes de la Base sur un plan d'eau à proximité. Nous étions mis en compétition inter-compagnies. Nous prenions notre pied à souquer à l'aviron pour le plaisir de gagner. Enfin ! pas toujours... Nous nous prenions tellement au jeu qu'il nous arrivait parfois de casser les avirons. Ah ! Quel bonheur d'être sur l'eau, surtout en plein été.
Puis vint l’instant où nous obtenions
notre ruban de la Marine Nationale. Nous avions franchi les quelques obstacles
qui nous qualifiaient « aptes au service » dans la Marine Nationale.
Je passais devant un médecin psychologue
afin de confirmer mon choix d’embarquer à bord d‘un sous-marin. Déclaré
matelot, j’entrais cette fois ci dans le vrai monde de la Marine Nationale et
je prenais la route de l’école des missiliers torpilleurs à Toulon.

Photos de la sortie d'Hourtin. Un ami qui se reconnaîtra peut-être un jour (
Michel JAWROWSKI )